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  • Mamoutou Kone, jembefola à Bouaké

    Jembés et Pianos électriques

    En Côte d'ivoire, l'évolution du jembé continue. Alors que les guitaristes étaient déjà présents depuis longtemps au sein des groupes traditionnels, on a vu apparaître ces dernirères années des pianos électriques. Comme le montrent ces vidéos, le jeu est épuré. La main gauche joue des lignes de basses, un peu inspiré du jeu cubain. Piano électriqueLa main droite peut renforcer la main gauche ou jouer des lignes de solo placées au milieu du chant de la griotte, un peu à la manière des solistes de jembé. La majorité des pianistes est constituée d'anciens tapeurs qui se sont mis au piano par necéssité. Sur la première vidéo, il s'agit d'exemples pris dans un gros mariage. Sur la seconde, on peut voir des danses plus traditionnelles, avec un nombre réduit de tapeurs. Piano électrique Enfin sur une troisième vidéo, le pianiste est seul, en accompagnement de femmes aux calebasses. Si vous avez des difficultés de lecture et voulez bénéficier d'autres formats vidéos, utilisez le module Videos

    Avec l'arrivée des pianos électriques au milieu du jembé, les puristes vont crier au scandale. Pourtant, avec un jeu sobre, les lignes de basses et les petites interventions de la main droite peuvent apporter une couleur intéressante. Ce n'est pas toujours le cas et hélas, beaucoup de pianofolas n'ont pas de retenue. Il y a d'abord la dérive en puissance. Il est en effet très facile de dominer le jeu quand on est branché sur une sonorisation de 200 W et que l'on a qu'un bouton à tourner. Il y a plus grave. Systématiquement, au moment de l'accélération de la danse, les pianistes basculent leur instrument en boîte à rythmes et on assite alors à un délire sonore proche des prestations de DJ. Dans ces conditions, les jembéfolas présents n'ont plus leur mot à dire, submergés par des sons artificiels sortant d'une sonorisation puissante.

    Comme toutes les modes musicales, on ne sait pas toujours trop d'où elles viennent et qui les a importées. Ce qui est certain, c'est que les organisateurs des fêtes, les femmes qui supervisent les mariages, aiment tout ce qui fait "tapage" et tape à l'oeil. Cette dérive ne semble toucher pour le moment que la Côte d'ivoire, bien que les pianos électriques commencent à se faire entendre au Burkina.

    Ces délires sonores ne touchent que les gros mariages, ceux sous chapiteau, avec sonorisation puissante. Il faut cependant espérer que cette mode lassera. Il serait profondément regrettable qu'en Afrique, le jembé traditionnel, déjà malmené par la volonté de plaire à l'occident et la rationalisation des cours, se laisse entraîner dans les eaux troubles de la World Music.

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